Equipe de vente

Votre équipe perd des prospects en route. Voici où (et comment le corriger)

6 étapes pour savoir exactement où en est chaque prospect, sans usine à gaz. La méthode SPANCO appliquée aux TPE-PME qui veulent arrêter de perdre des affaires.

Combien de prospects vous avez en cours là, maintenant ? Pas une estimation vague du genre ‘pas mal’ ou ‘une vingtaine’. Le vrai chiffre. Et surtout, combien sont au stade du devis envoyé ? Combien attendent votre relance depuis plus de 15 jours ? Combien vous ont dit ‘je réfléchis’ il y a deux mois ?

La plupart des dirigeants que je rencontre ne savent pas répondre. Pas parce qu’ils sont mauvais. Mais parce qu’ils n’ont pas de méthode pour suivre où en est vraiment chaque affaire. Résultat : des prospects qui s’évaporent entre deux rendez-vous. Des devis qui moisissent dans une boîte mail. Des relances faites au hasard ou jamais faites.

Ce que cette absence de vision vous coûte vraiment

Un dirigeant de PME industrielle me contacte en avril. Carnet de commandes en berne. On regarde ensemble son historique commercial des 6 derniers mois. 47 premiers contacts. 22 devis envoyés. 4 signatures. Un taux de conversion catastrophique de 8,5%.

En creusant, on découvre que 14 devis n’ont jamais été relancés. Pas une seule fois. 6 autres ont été relancés une fois, puis plus rien. Le problème n’était pas la qualité des devis. C’était l’absence totale de vision sur l’état du portefeuille.

Quand vous ne savez pas où en est chaque prospect, vous perdez sur trois plans.

  • Premier plan : du chiffre d’affaires direct. Ces 14 devis non relancés représentaient 180 000 euros de CA potentiel.
  • Deuxième plan : du temps. Vous recommencez à prospecter à froid alors que vous avez des prospects chauds qui attendent juste un coup de fil.
  • Troisième plan : de la confiance en vous. Vous vous dites que votre commercial ne marche pas, alors qu’en réalité vous ne le menez juste pas jusqu’au bout.

Cette situation ne s’arrange jamais toute seule. Au contraire. Plus votre entreprise grandit, plus vous avez de prospects en cours, plus le chaos s’installe.

La méthode SPANCO pour reprendre le contrôle

Je vais vous donner la méthode que j’utilise avec toutes les PME que j’accompagne. Elle s’appelle SPANCO. C’est un acronyme qui découpe votre processus commercial en 6 étapes claires. Chaque prospect doit être dans une case, et une seule. Comme ça, vous savez exactement où vous en êtes.

S comme Suspect

C’est l’entreprise qui correspond à votre cible mais qui ne vous connaît pas encore. Le fichier Excel que vous avez acheté. L’entreprise repérée sur la zone d’activité. Le contact LinkedIn qui n’a jamais répondu. À ce stade, vous n’avez eu aucun échange réel. Votre action : prise de contact à froid. Un appel, un mail, une visite. L’objectif est simple, passer à l’étape suivante.

P comme Prospect

Là, le contact est établi. La personne a décroché, elle vous a répondu, elle connaît votre nom. Mais vous ne savez pas encore si elle a un besoin concret. Votre action à cette étape : qualifier le besoin. Poser les vraies questions. Est-ce qu’ils ont un projet ? Quel budget ? Quelle échéance ? Si les réponses sont floues ou négatives, vous ne perdez pas de temps. Si les réponses sont précises, vous passez à l’étape suivante.

A comme Analyse

Le besoin existe, il est confirmé, maintenant vous devez comprendre exactement ce qu’il faut proposer. C’est l’étape du rendez-vous de découverte, de la visite sur site, de l’audit technique. Vous creusez. Vous notez. Vous posez 50 questions. Trop de commerciaux sautent cette étape et envoient un devis standard. Grosse erreur. Votre action ici : un vrai diagnostic. Prenez 2 heures sur place si nécessaire. Repartez avec des mesures, des photos, des contraintes précises.

N comme Négociation

Le devis est envoyé. Vous entrez dans la zone dangereuse, celle où 70% des affaires se perdent par manque de suivi. À ce stade, votre job n’est pas d’attendre. C’est de relancer. Une fois, deux fois, trois fois s’il le faut. Votre action : appeler 5 jours après l’envoi du devis. Pas pour dire ‘avez-vous eu le temps de regarder ?’. Pour dire ‘j’ai trois questions sur votre projet pour affiner ma proposition’. Vous gardez la main. Vous restez dans la conversation.

C comme Closing

Le client est d’accord sur le fond. Il reste juste à signer. Attention, cette étape peut durer 3 jours comme 3 mois selon vos cycles de vente. Votre action : définir une date précise de signature. Pas ‘dans les prochaines semaines’. Une vraie date. Et si cette date n’est pas tenue, vous reprenez contact le jour même. Un client qui recule la signature a souvent un frein non exprimé. À vous de le débusquer.

O comme On-going

C’est signé, bravo. Mais votre boulot commercial n’est pas fini. Un client bien suivi vous rachète. Un client oublié va voir ailleurs. Votre action : mettre en place 3 points de contact par an minimum. Un appel après livraison. Une visite 6 mois plus tard. Un mail avant les fêtes. Rien de compliqué. Juste rester présent.

Comment mettre ça en place concrètement

Vous n’avez pas besoin d’un CRM à 200 euros par mois. Un simple tableau Excel suffit. Six colonnes : Suspect, Prospect, Analyse, Négociation, Closing, On-going. Chaque ligne est une entreprise. Vous la déplacez de colonne en colonne au fur et à mesure.

Ajoutez trois informations par ligne : le nom du contact, la date du dernier échange, et la prochaine action à faire avec sa date. Rien de plus. Vous ouvrez ce fichier tous les lundis matin pendant 15 minutes. Vous regardez la colonne Négociation en priorité. Tous les prospects sans action depuis plus de 7 jours doivent être relancés dans la semaine.

Le dirigeant dont je vous parlais plus haut a mis ce système en place en mai. En septembre, son taux de conversion était passé de 8,5% à 23%. Pas parce qu’il avait changé ses prix ou son offre. Juste parce qu’il savait enfin où en était chaque affaire et qu’il relançait au bon moment.

Ce que ça change dans votre quotidien

Avec cette méthode, vous gagnez trois choses immédiates. La visibilité : vous savez en permanence combien vous avez d’affaires en cours et à quel stade. Plus de surprise en fin de mois. Le contrôle : vous décidez où mettre votre énergie. Les prospects en négociation passent avant les suspects froids. L’efficacité : vous arrêtez de prospecter à l’aveugle alors que vous avez des affaires chaudes qui attendent juste un coup de fil.

Un de mes clients, dirigeant d’une entreprise de maintenance industrielle, m’a dit il y a deux semaines : ‘Avant, je courais après les prospects sans savoir où j’allais. Maintenant, j’ai une vue d’hélicoptère. Je sais exactement quoi faire chaque lundi matin.’ Son CA a progressé de 18% en un an. Avec le même nombre de prospects. Juste mieux suivis.

Cette méthode demande de la discipline. Il faut tenir le tableau à jour. Il faut se forcer à relancer même quand on n’en a pas envie. Mais c’est simple. Et ça marche.

Si vous voulez qu’on regarde ensemble comment adapter ça à votre entreprise, appelez-moi. On prend un café, vous me montrez comment vous fonctionnez aujourd’hui, et je vous dis si je peux vous aider.

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