Vous venez de présenter votre offre. Le prospect hoche la tête, tout a l’air de bien se passer. Et là, ça tombe : ‘C’est cher’. Ou pire : ‘Je vais comparer avec vos concurrents’. Vous sentez que vous perdez pied. Vous commencez à justifier, à vous défendre, parfois même à baisser votre prix trop vite. Le rendez-vous se termine dans le flou. Trois jours plus tard, un mail poli : ils ont choisi quelqu’un d’autre.
Cette situation, je l’ai vue des centaines de fois. Des patrons de TPE me racontent qu’ils perdent régulièrement des affaires sur le prix. Pas parce que leur offre n’est pas bonne. Pas parce qu’ils sont trop chers. Mais parce qu’ils ne savent pas quoi répondre quand le client dit que c’est cher.
Ce que ça vous coûte vraiment
Chaque fois que vous lâchez une affaire sur le prix sans avoir eu la bonne réponse, vous perdez bien plus qu’un client. Vous perdez la marge que vous aviez calculée. Vous perdez le temps passé à préparer le devis, à rencontrer le prospect, à relancer. En moyenne, 8 à 10 heures de boulot par dossier. Si ça arrive 5 fois dans l’année, ce sont 50 heures perdues. Deux semaines de travail pour rien.
Mais il y a pire. Vous commencez à douter de votre tarification. Vous vous demandez si vous n’êtes pas trop cher. Alors vous baissez vos prix. Et là, c’est votre marge qui part en fumée. Un client de Lorient me racontait qu’il avait perdu 30000 euros de marge sur l’année en bradant ses prix par peur de l’objection. Trente mille euros, c’est un commercial à mi-temps ou une nouvelle machine.
Le problème, c’est que personne ne vous apprend à gérer ça. À l’école, vous apprenez à faire votre métier, pas à défendre votre prix. Alors vous improvisez, vous bafouiller, vous cédez.
Les 5 réponses qui fonctionnent
J’ai testé des dizaines de réponses sur le terrain. Voici les 5 qui marchent le mieux. Ce sont des scripts que j’utilise moi-même et que je fais répéter à mes clients. Vous allez les lire, les adapter à votre vocabulaire, et surtout les répéter à voix haute jusqu’à ce qu’ils deviennent naturels.
Réponse 1 – Creuser avant de répondre
Quand le client dit ‘C’est cher’, ne répondez jamais tout de suite. Demandez : ‘Qu’est-ce qui vous paraît cher exactement dans ce devis ?’ Dans 7 cas sur 10, le client n’a pas vraiment regardé. Il teste votre solidité. En posant cette question, vous lui faites préciser son objection. Souvent, il se rend compte lui-même que ce n’est pas si cher. Et vous gagnez du temps pour préparer votre réponse.
L’explication : cette technique vous sort de la défensive. Vous n’êtes plus celui qui justifie, vous êtes celui qui comprend. Le client sent que vous ne paniquez pas. Ça le rassure déjà. Un client rassuré achète plus facilement.
Réponse 2 – Comparer au coût de l’inaction
Le script : ‘Je comprends. Par rapport à quoi trouvez-vous ça cher ? Parce que si on compare à ce que vous coûte le problème actuel, on est à combien ?’ Exemple concret : un menuisier qui vend une porte à 3000 euros. Le client trouve ça cher. Il lui demande : ‘Combien vous perdez par mois avec votre porte qui ferme mal et fait entrer le froid ?’ Le client calcule : 150 euros de chauffage en plus par mois. Sur un hiver, ça fait 900 euros. La porte est rentabilisée en 3 ans.
Cette réponse fonctionne parce qu’elle déplace le regard. Le client ne voit plus votre prix, il voit son problème chiffré. Et votre prix devient une solution, pas une dépense.
Réponse 3 – Montrer ce qu’il paie vraiment
Découper votre prix pour le rendre concret : ‘Ces 5000 euros, c’est 400 euros par mois sur un an. Moins de 20 euros par jour ouvré. C’est le prix de deux pizzas. Pour un équipement qui va vous servir 10 ans, on est à 1,50 euro par jour.’
Un imprimeur de Quimper utilise cette technique. Il vend une machine à 15000 euros. Il dit : ‘Sur 5 ans, ça fait 250 euros par mois. Vous imprimez combien de commandes par mois ? Cinquante ? Ça fait 5 euros par commande. Et vous facturez combien en moyenne par commande ? Deux cents euros ? Vous voyez le ratio.’ Le client signe dans 8 cas sur 10.
Réponse 4 – Assumer et valoriser
Le script direct : ‘Oui, on n’est pas les moins chers. Et voici pourquoi.’ Puis listez trois éléments concrets et mesurables. Pas des généralités. Des faits. ‘On intervient sous 24 heures, pas sous 5 jours comme les autres. On utilise des pièces garanties 5 ans, pas des chinoises garanties 1 an. Et vous avez mon numéro de portable, pas une hotline.’
Cette réponse marche parce qu’elle montre que votre prix est construit. Le client comprend qu’il ne paie pas du vent. Il paie de la sécurité, de la rapidité, de la qualité. Ça le rassure.
Réponse 5 – Proposer une alternative honnête
Quand le budget est vraiment trop serré : ‘Je peux vous proposer une version allégée pour rentrer dans votre budget. On enlève ces deux options, et on arrive à 3500 euros au lieu de 5000. Par contre, vous n’aurez pas cette fonctionnalité. C’est jouable pour vous ?’
Un électricien de Rennes utilise ça systématiquement. Il propose toujours une version mini de son devis. Dans 6 cas sur 10, le client réfléchit et prend quand même la version complète. Pourquoi ? Parce que vous lui avez montré ce qu’il perdait. Et personne n’aime perdre quelque chose.
Ce qui change après
Quand vous maîtrisez ces 5 réponses, vous ne perdez plus vos moyens face au prix. Vous gardez le contrôle de l’échange. Le client le sent. Il vous fait davantage confiance. Vos taux de transformation augmentent. Un de mes clients est passé de 30% à 45% de devis signés en 6 mois. Juste en appliquant ces scripts.
Vous arrêtez aussi de brader vos prix. Vous défendez votre marge. Sur une année, ça représente facilement 20000 à 40000 euros de marge sauvée pour une TPE qui fait 1 million de CA. De quoi embaucher, investir, ou simplement mieux dormir.
Et surtout, vous reprenez confiance. Vous savez que vous avez la réponse. Vous attendez presque l’objection prix pour montrer la valeur de ce que vous faites.
Si vous voulez qu’on travaille ces réponses ensemble pour votre activité, appelez-moi. On prend une heure, on regarde vos devis, on adapte les scripts à votre vocabulaire. Vous repartez avec vos phrases toutes prêtes.






